Jour de vote

Aujourd’hui c’est jour de vote. Premier tour de l’élection présidentielle. J’ai déménagé depuis deux ans et je n’ai pas fait les démarches de changement d’adresse. Bizarrement l’administration fiscale n’a manqué aucune étape de ma migration territoriale mais cela n’a eu aucune conséquence sur mon statut électoral. Bref, je vais m’offrir une ballade dominicale dans mes anciens quartiers, souvenir de l’époque où j’atais un parisien bon teint, ne passant que rarement le périphérique et adepte du Monoprix à 22h en bas de la rue ou du Mac-Do du premier-janvier après-midi.

Je vais d’abord me rendre au bureau de vote. La salle de sport de l’école maternelle Lepage, le bureau de vote 061 de la XXème circonscription de Paris, près de la place Stalingrad, sentira le bois et un mélange de papier, de plastique chaud et de transpiration. Je serai accueilli par un assesseur qui vérifiera mon identité et la validité de ma carte électorale. Il me remettra un petite enveloppe bleue qu’il glissera dans ma carte électorale, elle-même glissée dans le passeport que je lui aurai présenté. Il m’invitera à piocher un bulletin sur chacune des 10 piles qu’il aura pris soin de disposer sur la grande table de l’entrée. Je ne sais pas si je les les prendrai les 10. Sans doute, il faut jouer le jeu du bulletin secret jusqu’au bout. Je me dirigerai vers l’isoloir, cette chose qu’on ne voit nulle part ailleurs. Cette structure ressemblant à une table pliante sans plateau, plus haute qu’un homme avec une jupe de tissus synthétique gris tombant jusqu’à mi-hauteur, laissant voir les jambes des électeurs. Sur la tablette fixée à la paroi de l’isoloir j’aurai disposé les 10 bulletins. Pour la première fois, je ne saurai pas quel bulletin glisser dans l’enveloppe. Je procéderai par élimination. J’écarterai les 5 noms dont je suis sûr que je ne veux pas. Puis il faudra en éliminer encore 3. Il en restera 2 et il faudra en choisir un. Parce que voter nul ou voter blanc (ce qui revient au même jusqu’à nouvel ordre) « c’est que’que-chose j’peux pas faire » [1. Vidéo : Travailler c’est trop dur].

En sortant de l’isoloir je jetterai 9 bulletins dans le grand sac papier disposé là. Je ferai peut-être la queue avant de pouvoir me présenter devant le président du bureau. Ce sera probablement une femme, comme souvent. Il me demandera ma pièce d’identité et ma carte électorale. Il déclamera haut et fort mon nom et mes prénoms à destination d’un assesseur qui vérifiera ma présence sur la liste. Il m’enjoindra alors de voter. Je déposerai mon enveloppe dans la fente de l’urne transparente placée devant moi. Il informera l’assistance que j’ai voté, datera ma carte électorale et me rendra mes papiers. Peut-être me demandera-t-il de participer au dépouillement. Je ne sais pas encore si j’accepterai. Je sortirai du bureau avec ce sentiment si agréable du devoir accompli et je me dirigerai vers la brasserie Le Carrefour qui propose de si bonnes viandes. Un autre moment bien agréable.

Aujourd’hui, donc, je vais profiter de cette ballade pour me faire plaisir et flâner un peu sur mes terres. Celles qui m’ont apporté tant de bonheurs, et autant moments difficiles, pendant plus de 15 ans. Crapahutage au Parc des Buttes Chaumont, lézardage le long du Canal Saint-Martin, l’Hôtel du Nord, le Quai de Jemmapes. Je monterai peut-être jusqu’à la VilLette, passant le long de la place Stalingrad et de son écluse. Le froid est mordant mais le soleil regonfle l’énergie. Je prendrai un café à l’abri d’une terrasse close. Je reviendrai par le bus 26 qui m’offrira une ballade ensoleillée d’une vingtaine de minutes.

Un jour de vote qui promet d’offrir une trêve dans la morosité qui règne en ce moment. Des sourirs, des gens qui bougent, des aller et venues de bon matin. Bref, des bons moment.

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