La loi de Murphy : antidote du plaisir

Le 17 Mar 2012   //   par Philippe   //   Développement personnel, Faites vous plaisir, Focus  //  4 Commentaires

Introduction

*Video:la loi de murphy en 3 minutes

Tu connais sûrement la loi de Murphy. Mais si… La loi de l’emmerdement maximum. Tu sais bien, celle qui dit que si une situation quelconque peut partir en sucette, elle le fera forcément, de la façon la plus casse-bonbons et au pire moment. On doit son nom à Edward A. Murphy Jr., capitaine et scientifique au sein de l’US Air Force, qui constatât dès les années 1960 que les erreurs répétées de son assistant avaient anéantit les résultats de toute une journée d’expériences. Il aurait alors dit, selon une traduction approximative “Chaque fois que ce gars peut faire une connerie, ça rate pas”. Une parole forte et inspirée qui est restée dans l’Histoire.

Depuis, l’assistant de Murphy, dont la postérité n’a pas retenu le nom mais dont certains témoignages semble indiquer qu’il s’agirait de Régis, hante les super-marchés le samedi et ralenti la caisse que tu as choisie, s’acharne à faire passer les feux au rouge sur le chemin du retour, envoie un peloton de gendarmerie à ta rencontre une des rares fois où tu réponds à un coup de fil au volant. Ce ne serait d’ailleurs pas si grave si la réunion au cours de laquelle tu dois intervenir, et qui commence toujours avec 15 minutes de retard, a commencé à l’heure et qu’on attend plus que toi.

La loi de Murphy a donné lieu depuis sa formulation à une véritable philosophie. On peut ainsi tirer plusieurs corollaires, paradoxes et principes de réflexivité de la loi de Murphy :

  • La probabilité de chute de la tartine côté beurre est proportionnelle au prix du tapis et inversement proportionnelle au délai entre deux nettoyages.
  • La loi de Murphy appliquée à la tartine beurrée annule celle qui veut qu’un chat retombe sur ses pattes si l’on attache ladite tartine au dos dudit chat. Dans ce cas, le le chat ne tombe pas. C’est le paradoxe de la lévitation du chat beurré.
  • Si une tartine beurrée tombe du côté non beurré, le principe de réflexivité amène à la conclusion que l’on a beurré le mauvais côté de la tartine.

La loi de Murphy a, nous l’avons vu, des applications dans tous les domaines de la vie.

C’est ainsi qu’elle explique l’ effet démo (aussi appelé effet Bonaldi) : l’utilisation régulière et sans problème d’un objet présentera un dysfonctionnement dès lors que l’on voudra en faire la démonstration.

L’Effet démo, conjugué au principe de réflexivité et au fait que toute loi universelle s’applique à elle-même, fait que la loi de Murphy se vérifie toujours sauf quand on cherche à la vérifier.

Tentative d’explication

C’est sûr, les éléments se liguent contre toi pour te pourrir la vie. La clé perdue change de poche au fur et à mesure que tu les fouilles et la table attend perfidement que le téléphone sonne quand tu sors de la douche pour te faire un croc-en-jambe et meurtrir ton petit orteil. Mais peut-on expliquer cet état de fait de façon plus rationnelle et tenter de se libérer de ses contraintes ?

Tu es biaisé

Tu ne le sais sans doute pas, mais tu es fondamentalement incapable de déconvoluer les biais sélectifs. Ne me regarde pas comme ça, il ne s’agit pas de gros mots. Cela signifie simplement que ton cerveau as tendance a oublier les nombreuses fois où ça se passe bien et tu te focalises sur les fois où ça se passe mal. Selon les règles de la statistique, les médecins fréquentent essentiellement des malades, les avocats accompagnent des couples à la dérive et les services après-vente ne connaissent que des produits défectueux. De quoi biaiser leur perception de la réalité.

C’est pour cela que le jour où ton ordinateur à planté la sauvegarde et perdu 3 heures de travail, tu as pesté. Mais tu ne t’es pas dit que si ta machine était aussi défectueuse que tu le penses on n’en aurait pas vendu une seule et que les travaux sauvegardés sans problème jusqu’ici n’étaient pas moins importants que celui que tu viens de perdre.

Ton instinct convolutif t’empêche d’aborder les choses avec logique et nuit à tes capacités d’anticipation. Ne pouvais-tu pas prévoir que ta télécommande de garage allait lâcher un jour ou l’autre ? Ton voisin n’a-t-il pas toujours une pile de rechange dans sa boîte à gants ?

Ca n’est pas (que) de ta faute

Notre système nerveux est construit pour détecter les séries et en dégager des modèles propres à garantir notre survie. Si, depuis ton enfance, les jours d’orage ta maman te prépare des tortellini, c’est une attitude plutôt saine que de te cacher sous la table pour te protéger des éclairs dès que tu entends de l’eau bouillir.

C’est pour cela que nous cherchons à établir des corrélations à toutes choses, poussant certains à refuser l’idée même de coïncidence. Et il n’ont pas forcément tort. Voici un constat fort troublant : la chaîne de l’Himalaya regroupe les 14 sommets de la planète culminant à plus de 8000 mètres, dont les 10 plus hauts sommets du monde. Etonnant, non ?

Pas tant que ça. Tout est question de relativité : le socle de la chaîne himalayenne est lui-même le plus élevé du monde. Facile alors pour les montagnes de culminer sans égal.

Conclusion

Tu l’as compris, la malchance, la chkoumoune, tout cela est question de seuil de tolérance. Le seuil à partir duquel on considère que l’accumulation d’événements inattendus devient insupportable.

Tu ne peux donc pas empêcher les événements d’interférer mais tu peux choisir de les ignorer, de les déconnecter et de les expliquer pour ne pas les laisser te gâcher le plaisir (parce que, je te le rappelle, tu as droit au plaisir ;-)). Tu peux aussi choisir de les laisser s’imposer à toi et de faire avec, dans un processus d’habituation. C’est aussi le meilleur moyen de les invoquer. Et Dieu sait qu’ils sont à l’affut de la moindre occasion…

A toi de choisir 😉

Article inspiré du blog Acide Ici.

4 Comments

  • En fait est-ce que la loi de Murphy ne serait pas aux pessimistes ce que la loi de l’attraction universelle est aux optimistes, ou le contre-pouvoir de la pensée positive ?

  • Tiens, c’est à ma connaissance la première fois qu’un de mes articles est repris ! 🙂 (En tout cas par quelqu’un d’honnête qui cite ses sources…)

    Bonne chance à ton blog !

    NB : excellente, ta photo d’en-tête de l’article.

  • Intéressant point de vue ….
    De la même façon, les bonnes choses arrivent aussi lorsqu’on ne les attend pas
    Peut-être sommes-nous conçus pour nous arrêter sur les « malchances » sans nécessairement être ouverts aux « chances » 😉

    • Oui, c’est possible. Mais je ne crois pas que nous soyons programmés pour les choses négatives, comme la malchance. Au contraire, la nature humaine procède d’une pulsion de vie forcément positive, faite pour grandir, aller de l’avant, assurer le renouvellement de l’espèce. Intéressante question : qu’est-ce qui nous rend optimistes ou pessimistes, capables de voir la bonne chose, la bonne occasion et s’en saisir, ou au contraire identifier plutôt les problèmes réels et potentiels et entrer dans un cycle défavorable ?
      Il va falloir que je m’intéresse à la question. Et tu pourras utilement contribuer sur le thème des synchronicités 😉

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